l'antilope de Jules Supervielle

l'antilope de Jules Supervielle

voici un poème

Blog Poésie
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Créé le 04/04/10 à 17h27

kate47520
Créé par kate47520
22 ans
France

blog pour fille

LE LION ET LE RAT

Le lion et le rat
Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde : on a souvent besoin d'un plus petit que soi.
tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un lion
Un rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion, montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-t-il jamais cru
Qu'un lion d'un rat eût affaire ?
Cependant, il avint qu'au sortir des forets
Ce lion fut pris dans des rets
Dont ces rugissements ne purent le défaire.
Sire Rat accourut et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage
Patience et longueur font plus que force ni que rage.
(2 coms.) Ajouter un commentaire créé le 04/04/10 à 18h29

le lièvre et la tortue

Le li egrave vre et la tortue
Rien ne sert de courir;il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons,dit celle-ci,que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but.-Sitôt? Etes-vous sage?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
-Sage ou non,je parie encore.
Ainsi fut fait:et de tous deux
On mit près du but les enjeux:
Savoir quoi,ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens,les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant,dis-je,du temps de reste pour brouter,
Pour dormir,et pour écouter
D'où vient le vent,il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part,elle s'évertue;
Elle se hâte avec lenteur
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard.Il broute,il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure.A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?
(1 coms.) Ajouter un commentaire créé le 04/04/10 à 18h21

l'antilope de Jules Supervielle

L 039 antilope de jules supervielle
L'antilope à la tête si fine,
Dans le jour lumineux qui s'attarde
Qu'elle emporte du ciel à ses cornes
Et de loin les fauves la regardent.
Le lion, le premier, s'en effraie.
Il s'efface aux toisons des forêts,
L'antilope est bien trop protégée
Par ce peu de merveille à sa tête,
Elle avance et plus d'un veut la voir,
Les oiseaux de nuit, honteux le jour,
Fuient soudain vers leur grosses ténèbres,
Le serpent qui mordait les enfants
Se morfond de n'être qu'un serpent,
L'antilope avance vers le tigre,
Le rassure et lui rend l'équilibre
Puis, fuyant de faciles victoires,
Choisit l'air pour y porter ses pas.

Jules SUPERVIELLE
(1 coms.) Ajouter un commentaire créé le 04/04/10 à 17h39